Sinaloa-sur-Seine

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18.04.07

Los tres alegres compadres ou le compte-rendu d'un aprèm avec Mondo, Jiang et Alex Gambler

Samedi avec des potes, Alex l'ami écrivain fait un compte-rendu. Mis à part que los Altos de Sinaloa, ce n'est pas les hauts plateaux mais les contreforts de la Sierra Madre Occidental, il n'y a pas d'erreur géographique. Le reste... oh là, Herr Gambler, c'est votre imagination.

Samedi, petit tour au gong fu avec le petit, qui tient fièrement son bâton dans le RER, et avec mon vieux copain Jian, qui fête ses 39 ans.

Jin, ancienne championne de Chine, l’une des plus belles femmes que j’aie jamais vues. Sérieuse, drôle, affectueuse, grave, lente, fulgurante, souriante, absente.

Tout le monde souffle.

Elle, on ne l’entend pas respirer.

On ne voit plus la lame.

Le secret des pieds.

Nous prenons rendez-vous pour un premier cours particulier, après deux ans d'interruption. Je me réjouis comme mon propre gamin, ou presque.

« Vous voulez savoir si quelqu’un est passé maître dans l’art de l’épée ? Regardez la main qui ne tient pas l’épée. »

Au retour on croise Sinaloa par hasard à Cité U. Il fait chaud. En nous voyant, il ôte sa doudoune sans manches...

On l’embarque au bar l’Odyssée. Soleil. Le petit joue avec d’autres gosses autour des fontaines, et fait la chasse aux pigeons.

Nous sommes là, tous les trois, les pires ratés d’Amérique, d’Asie et d’Europe.

Bières. Cigarillos. Bières.

Hilares et tristes et joyeux et nostalgiques.

Sinaloa, 31 ans, 1,87m, 80 kg, réfugié politique mexicain, métis indien, vient d’acquérir la nationalité française. "Ensemble, tout devient possible. Même le pire." Ancien étudiant en sociologie de l’Université Autonome de Mexico. Vient de larguer son dernier boulot (pion dans un collège de Vitry). A la recherche d’une formation. Surtout à la recherche d’un lieu où se poser. Trimbale toujours un des deux tomes du Quichotte. Couche toujours avec des top modèles. Fait toujours des voyages à pied à l’autre bout du pays, ou de l’Espagne, ou d’où vous voulez. Connaît toutes les rues de Paris par cœur, mais redoute manifestement les Catacombes.

Jian, 39 ans, physique de Bruce Lee, mais souriant, cheveux plus courts, et lunettes. En France depuis 11 ans. Ancien étudiant de l’Université de Pékin. Employé dans un journal chinois à Paris. Venu autrefois pour faire une thèse de philosophie comparée sur Spinoza et Chuang Zi. Thèse abandonnée sur la route du Tao. Joue de la cithare chinoise. Me conseille d’apprendre le Chinois. « Il n’est pas trop tard. Jamais. Au pire, tu apprends un caractère par jour. Dans 20 ans tu seras content. » A été amoureux autrefois. Ne veut plus en entendre parler. Parle en revanche abondamment des 7 sages de la forêt de bambous, ou de Xin Qi Ji, ou de Wang Guo Wei.

Alex, 30 ans, en France depuis 30 ans. Ancien normalien, agrégé, etc. Profession très floue. Quelques poèmes et un roman impubliable à son actif. Invisible, mais toujours un Hemingway ou un Sollers dans la poche gauche de sa veste. Humour tranchant mais affectueux. Avenir aussi incertain que celui des deux autres escogriffes. Goût prononcé pour les jolies filles, mais sans bassesse (la plupart du temps), et plutôt par jeu qu’autre chose. Aspire à de grands voyages non touristiques, et à de longues journées devant ses papiers.

Récapitulons ce qui est arrivé aux villages où nous sommes nés. Ning Bo (les vagues se calment). Los Mochis (les tortues). Argentan sur Orne.

En gros, catastrophe, catastrophe, et néant.

Rions en regardant autour de nous. Ici aussi, catastrophe, catastrophe, néant.

Le grand-père de Sinaloa, lorsqu’il est descendu des hauts plateaux, a laissé derrière lui un autre village, qui avait été noyé par un barrage. Aujourd’hui, les étés sont de plus en plus chauds, et l’eau du barrage baisse. On aperçoit de temps en temps les clochers du village qui émergent.

Jian me récite trois versets.

« Hier soir le vent d’ouest a fait tomber les feuilles. Je suis monté seul dans un haut pavillon. J’ai regardé la route jusqu’à l’horizon. »

« Mon vêtement devient de plus en plus large. »

« Le quinzième jour, à la fête des lanternes, dans la foule, je la cherche mille fois. Je ne la trouve pas. Tout d’un coup, je me retourne. Celle que je cherche est là, dans l’ombre, loin des lanternes, à l’écart. »

Je rajoute : « Celle que je cherchais est repartie, et maintenant je traverse la forêt de bambous seul et joyeux. Le vent se lève, mon âme bruisse, le chemin est encore long. »

10.04.07

Un viernes como si fuera trece

El viernes pasado acudí a una ceremonia en la Prefectura de París, en plena Île de la Cité. Llegué a la isla dos horas antes, me liberé temprano de los trámites que tenía que hacer en la Universidad, subí y bajé decenas de calle en sentido contrario, haciendo tiempo sin saber qué más hacer. Butte aux Cailles, Glacière, rue Broca, Boulevard Arago, Mosquée de Paris, Jardin des Plantes, Jussieu, Rue des Ecoles, La Mutualité, Notre Dame…

Hicimos cola, no sé, 30 minutos frente al numero 3 de la rue de Lutèce, que es la que va del Palais de Justice al hospital del Hôtel Dieu; teniendo la Prefectura de un lado y del otro el Tribunal de Comercio y el Marché aux fleurs. Los turistas pasaban y veían con curiosidad a los que, espalda contra la pared, esperábamos que los policías nos dejaran entra a la sala de ceremonias. En la cola había 5 personas delante de mí y unas 15 detrás, pero al final dentro éramos unos 60 nuevos franceses.

A las dos menos cuarto nos hicieron entrar. Yo hubiera querido que el agente que vigilaba la cola me hubiera dejado ir a beber otro café u otra cerveza al bar de la esquina. Yo estaba nervioso por alguna razón que solo mi subconsciente conoce.

Una mujer verificaba que nuestro nombre estuviera en la lista de convocados para luego enviarnos a una mesa en la que otra funcionaria nos pedía la convocatoria, una foto y la carte de séjour (el permiso de residencia). Nos las cambiaba por un sobre vacío y una hoja, que sirve provisionalmente de documento de identificación hasta que en la comisaría de arrondissement nos den la carte d'identité française (que equivale a la mica CURP mexicana o al DNI español).

Justo antes de que empezara el solemne acto se nos pidió que apagáramos los móviles. Aquello comenzó antes de que llegara el representante del prefecto, que a su vez es el representante del presidente en París. Nos dijeron que todavía podemos inscribirnos en las listas electorales, miren qué suerte que tienen los recientemente naturalizados.

Ahí me ensimismé, me enmimismé, o como se diga. Empecé a surfear sobre mis debrayes. De por sí, yo no soy muy demócrata, y ahora viendo que individuos con ideas como las Nicolas Sarkozy y Jean-Marie Le Pen pueden presentarse me veo con argumentos sólidos contra lo que llaman democracia. ¿Votar para qué? Si los medios van a votar por mí, como lo hicieron con el referéndum europeo… ¿votar para qué? ¿Utilizando el argumento idiota de “querer comportarse como un vrai français”? Escuché esa explicación estúpida en la tele hace unos días, respondiendo a una periodista americana un joven “issu de l'immigration” decía que el votaría Sarkozy para mostrar que no tiene complejos, que es un francés como los demás. La vache !

Cuando al final llegó el fulano que tenía que presidir la ceremonia y leernos un discurso que nos había preparado con mucho cariño yo comenzaba a sentir hambrita. No hice mucho caso al rollo que se lanzó, tampoco lo cronometré. Trayendo Rayuela entre las manos, te puedes evadir al Marché aux fleurs allá justo enfrente. Estoy harto de escuchar hablar de la cultura católico-romana de este país.

Al final, papeles en mano hasta olvidé que había venido en bicicleta desde el Trece. De la cité pasé a l'Île Saint-Louis un poco pensando en las Glaces Berthillon y un poco cojeando porque los Doc Marten's me jodían los talones. En Pont-Marie me topé con una familia mexicana que buscaba la Iglesia de Nostra Damus, no los quise desilusionar, los envié a Notre-Dame. Entrando al metro me di una palmadita en la frente, “T'es bête ! Le velo !”. En vez de tomar el metro en dirección del sur, tiré para Châtelet y luego a pie a Cité. Un torbellino en la cabecita traía. No fui a la Comisaría del Trece, como había planeado; teniia la subida de la Rue Saint-Jacques sin poner pie en tierra, llegar arriba sería el último de la lista de esfuerzos para ese día.